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Chapitre 5 : ANNEXES (délibérations administratives françaises contemporaines des événements étudiés)

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ANNEXE 1 : Morisques de passage à Marseille
ANNEXE 2 : A propos du transfert des Andalous, de la Provence vers le Maghreb
ANNEXE 3 : Livre des comptes de la commune de Biarritz (informations pour les années 1620 à 1663 à propos des Morisques)
ANNEXE 4 : Textes relatifs à l’expulsion des Andalous de la ville de Bayonne et de ses environs

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ANNEXE 1 : Morisques de passage à Marseille
(Résumé des documents se rapportant aux Morisques)
Source : Abdeljelil TÉMIMI, Le passage des Morisques à Marseille, Livourne et Istanbul d’après de nouveaux documents italiens, Revue d’Histoire Maghrébine, Tunis, num_ 55-56, décembre 1989, pp. 33-52.

Document num_1 (16 avril 1610) : Mentionne l’arrivée de plusieurs barques chargées de Morisques à Marseille. Parmi eux des hommes riches, ayant une fortune supérieure à 500.000 écus. Ils se disent être disposés à se diriger vers Livourne « pourvu qu’ils soient reçus volontiers ».

Document num_3 (30 juin 1610) : A Marseille, un riche marchand andalou Lopez Stalavera promet à l’ambassadeur italien de se rendre au Grand Duché. Mais dans ce même document il est dit que les riches andalous s’embarquaient plutôt pour Constantinople.

Document num_5 (11 juillet 1610) : Un riche morisque, Melchiorre Sabbatta, qui avait promis de se rendre au Grand Duché est parti pour Barcelone, son ancienne patrie. Il est arrêté. On lui confisque 4.000 écus. Il risque d’être tué car il est interdit de retourner en Espagne après être expulsé. L’ambassadeur préfère alors que ces andalous se dirigent vers Livourne, car « ce serait une chose juste » parce que ainsi, finalement « les pauvres et les innocents fils ne deviendront pas turcs ».

Document num_6 (21 juillet 1610) : L’ambassadeur annonce qu’on ne trouve plus de Morisques à Marseille, puisque tous embarquèrent pour le Maghreb; il s’est même rendu à Toulon pour convaincre certains d’entre eux de se diriger vers Livourne (contact avec 30 familles, soit 300 personnes), « habitués tous au travail dans les champs et à la fatigue ». Mais n’ayant pu se mettre d’accord sur le prix, les Morisques se sont laissés convaincre par un commissaire de la Reine « de se rendre à Marseille, avec la promesse de protection et de liberté ».

Document num_10 (17 août 1610) : Communique d’avoir reçu la lettre contenant les dispositions « sur le mode de contacter les morisques aisés, qui pratiquent du commerce avec les chrétiens et de laisser les autres à leur malheur ».

Document num_11 (18 août 1610) : Il est dit que le commissaire de la Reine est arrivé à Marseille afin de convaincre les Morisques de rester, en leur promettant de les traiter avec justice. Il est dit aussi que l'ambassadeur italien essaie toujours de convaincre les riches andalous de se rendre à Livourne.

Document num_14 (Marseille, 29 août 1610) : Des vaisseaux chargés de « maudits morisques » d’Espagne sont arrivés à Marseille et s’apprêtent à embarquer pour Tunis « tout en sachant qu’ils seront maltraités ». Le commissaire de la Reine, pour les convaincre de rester, propose « d’exempter du paiement de la gabelle sur tout commerce, tous ceux qui auront choisi de rester à Marseille, chose qui n’a jamais été faite avec d’autres étrangers résidents ».

Document num_15 (Marseille, 3 septembre 1610) : Des familles riches ont acheté un vaisseau qu’ils ont baptisé la « Puleda ». Ils l’ont chargé de marchandises pour une valeur de 350.000 écus. Ils se préparent à partir pour Constantinople. Avec eux s’est embarqué Lopez Estalavella qui auparavant avait promis de se rendre à Livourne. D'autres andalous suivent l'exemple de ces familles riches, en raison aussi, d’un édit du Roi qui punit sévèrement tous les morisques qui ne vivent pas de façon chrétienne.

Document num_18 (Marseille, 16 septembre 1610) :Un bateau, transportant 800 Morisques est sur le point de partir pour Tunis; entre temps sont arrivés 1.300 Morisques de Barcelone et de Valence, mais même ceux-ci séjourneront peu de temps, puisqu’ils partiront vers « Berbérie ».

Document num_20 (Marseille, 1er octobre 1610) : Les « rebelles morisques » veulent retourner en Berbérie « pour construire des vaisseaux, et, associés aux Turcs, guerroyer le long de la côte espagnole contre l’intérêt du Roi, qu’ils veulent « garder éveillé afin qu’il se souvienne d’eux ». Pour cette raison, ils ne s’arrêtent pas en France, ni en Italie et ils ne se rendent pas non plus à Livourne ni à Pise, car le Grand Duc est parent du roi d’Espagne.

Document num_21 (Marseille, 5 octobre 1610) : Deux Bertoni (vaisseaux) armés à Villa Franca du Cap Marsilione, partis pour piller les Morisques près de Bizerte, ont capturé quatre vaisseaux chargés de réfugiés partis de Toulon. Et ces actions continueront, puisque chaque jour, partent des Morisques qui ne veulent plus rester à Toulon.

Document num_22 (Marseille, 7 novembre 1610) : Lopez Talavera, après s’être embarqué avec d’autres morisques, est arrêté à cause d’un problème d’héritage d’un parent décédé; or, s’il s’était dirigé vers Livourne, comme il l’avait promis, il n’aurait pas eu ces problèmes.


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ANNEXE 2 : A propos du transfert des Andalous de la Provence vers le Maghreb
(Source : Registres des délibérations du conseil municipal conservés à l’hôtel de ville de Marseille, num_26, folio 15 verso, folio 20 recto, folio 221 recto cités dans : Francisque MICHEL, Histoire des races maudites de la France et de l’Espagne, 2 vol. (vol 1 = 373 p., vol 2 = 341 p.), 1847. Le chapitre 8 du vol 2 est consacré aux Andalous (p. 45-98), p.86).
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-10 décembre 1610 : « Promesse de l’enlèvement des Morisques contre patron Jean Daniel de Six Fours ». Par cet acte, « Jean Daniel promet » aux consuls de Marseille « de charger sur le vaisseau Ste-Marie...500 Morisques qui se trouvent en ceste ville, et plus, sy le dit vaisseau en peulx porter... et les porter, mener et conduire avec ledict vaisseau, soit à Bonne, Tabargue, la Colle, Auran et autres lieux de la coste de Barbarie...moyennant le prix et somme de mille livres » (num 26, folio 15 verso).

-28 décembre 1610 : A la délibération du conseil, le premier consul a proposé aussi : « (suite au fait que des consuls) ont fait quelques dépenses pour la nourriture des Morisques qui sont à l’infirmerie, et que aussi ont nottizé un vaisseau pour en porter jusques environ cinq cens...Désirant le tout soit appreuvé par le dit conseil, sy leur vollonté est telle même que lui a été permis ce fere par l’assemblée dernière...le dit conseil, par pluralité de voix, a advoué, appreuvé et confirmé, tant la despense faicte par les dits consuls pour la nourriture desditz Morisques, que assuy le nollizement faict dudict vaisseau pour les apporter en Barbarie; et a encores la despense qu’ilz porront fere pour iceulx. par cy après pour leur entretien : à quoy prient lesdits sieurs consuls de y volloir continuer et eslargir la main » (num 26, folio 20 recto).

-25 juin 1611 : « Promesse pour la ville contre patron Lucou Martin, de St-Troppez »; - Par cet autre acte, « patron Lucou Martin, du lieu de St-Troppez...estant Roux, Peyron Sibille, Andison, Jean Arnaud, Jacques adverty des deffances faictes par les arretz de la cour pour raison de l’enlevement desdits Morisques, a ceste cause personnellement estably ledict patron Lucou Martin, Jacques Quinsons, Jean Meyssonier et Jean Rosse, tous mariniers; lesquels tous emsemble et l’un pour l’autre...ont promis et promettent... aux consuls...de porter, conduire et admeneor avec ledict vaisseau lesdicts Morisques et les descharger au lieu de Tabargué et non ailleurs, et à ces fins rapporter bonne et valable dessente dudict deschargement dans six mois prochains...et ont mis ledict vaisseau aux fins de se prendre garde, et en aye soin dudict deschargement des Morisques et que lesdicts patron et mariniers observeront le contenu au présent acte, Nicolas Pouns, lequel sera payé et satisfaict de son voyage par le dict patron Martin », etc. (num 26, folio 70 verso). Il est mentionné au bas de la promesse que le « débarquement des Morisques, » au nombre de huictante ou environ, « a été effectué » au lieu de Tabargué, le 18 juillet 1611 ».

-4 septembre 1613 : « Déclaration faicte par les sieurs consulz sur le reffus du deschargement des Moriscous » - Joseph Reynis et Simon Moustier, consuls de Marseille affirment « que au mois de juillet dernier patron Anthoine de Martigues est arrivé au port de ceste ville avec sa barque chargée de Moriscous disant venir de Carthagène, lesquels il desiroit descharger et désambarquer; mais il ne lui a esté point permis, comme estant préjudiciable à la ville, et les amener et désambarquer ailleurs où bon lui a semblé. De quoy ledict patron Lemoyne a requis acte, ce que luy a esté accordé », (folio 221).

-10 octobre 1613 : « Nollizemant faict sur l’embarquement des Moriscous » - « Constitué en personne par devant moi notaire royal...patron Jean André Gandoufle, duduct Marseille a nollizé et nollize » aux « consulz...une sienne barque par luy patronizée, de la portée d’environ huict cens quintaux, pour dans icelle embarquer, comme il a desjà faict tant, des Moriscous que se pourra », pour «  les porter et desambarquer hors de ce royaume en icelle part que bon samblera auxdicts Moriscous (hors ) touteffois en terre des crestiens et ce pour et moyennant la somme de deux cens quarante livres...à payer par le trésorier des deniers communs dudict Marseille » (folio 222 recto).

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ANNEXE 3 : Livre des comptes de la commune de Biarritz (informations à propos des Morisques pour les années 1620 à 1663)
(Source: Francisque MICHEL, Histoire des races maudites de la France et de l’Espagne, 2 vol. (vol 1 = 373 p., vol 2 = 341 p.), 1847. Le chapitre 8 du vol 2 est consacré aux Andalous (p. 45-98), p. 90).

An. 1622 : « Plus, receu des Morisques quy font de la vaisselle de terre, pour la terre de laquelle ilz se servent, en deux diverses fois...9m 12s. ».

An. 1626 : « Plus, receu des Morisques quy font de la vaisselle de terre...12m. ».

An. 1629 : « Plus, receu du Mourisque de Petriquo pour sa moietié (de mayade ou droit de vin) le septiesme novembre, la somme de 6m. ».

An. 1631  : « Plus, receu des Mourisques de Petrico...12m. ».

An. 1633  : « Plus, avons receu de la Morisque de Papaillime, le vingt troisème septembre, la somme de 5m 16s. ».

An. 1617  : (Dans la même commune, il y a une métairie, dépendante de la maison de l’Espérance, qui porte le nom de Mouriscou, de Mouriscot, ou de Mourisqui, car on trouve ce nom écrit de ces trois manières dans un des registres conservés à la mairie).
« Primo, quand monsr Duvergier est venu à Biarritz pour faire l’accord de la police, par trois fois avecq deux hommes et chevaulx, et une fois que nous estions l’abbé, juratz et merin (esp. merino, juge royal), paié à Moriscou dix livres, comprins deux livres six solz que les susdits juratz ont laissé devoir lorsque Laurens de Challa avait refusé la coupe. Paié 10 m. ».
« Plus paié à la chambrière de Mouriscou pour porter le présent du (poisson) à monseigneur Duvergier Dolhaberiette...12s. ».

An. 1620 : « Plus, receu de la dame de Mouriscou , pour ung lopin de terre que luy a esté vendu au tennant de sa maison, la somme de quatre livres, seze sols. Parçu...4m. 16s. ».

An. 1660  : « Plus, à la done de la maison de Mouriscou pour un soupper qu’elle aurait donné à une garde de monsieur le mareschal, payé...2m. ».

An. 1663  : « Plus payé à la donne de Mourisqui pour la despance d’ung gentilhomme anglois et sa famille quy nous anoncet estre recomandés...1 m 8s ».
« Plus, le premier jour d’apvril le jurat et de Mimiague deputté pour aller à Ustaritz parler M. le lieutenant, aux finzs de faire faire transporter le Sr de Pouliot de St-Jean de Luz à Biarritz pour fere le plan de la situation du mora (tourbière) proche de Mouriscot, et pour les journées et despances desdictz jurant et dépputté par ce ...6m. 8s. ».

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ANNEXE 4 : Textes relatifs à l’expulsion des Andalous de la ville de Bayonne et de ses environs
(Source : Registre des délibérations de la jurade de Bayonne, de 1610 à 1613, dans : Francisque MICHEL, Histoire des races maudites de la France et de l’Espagne, 2 vol. (vol 1 = 373 p., vol 2 = 341 p.), 1847. Le chapitre 8 du vol 2 est consacré aux Andalous (p. 45-98), p. 89).
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29 aoust 1611 - « Ordre du conseil et premier échevin et premier jurat chargés de expulser tous faonéants et reffugiés, et nommément les Morisques qui viennent aborder en grand nombre, et sortir les immondices que ces gens pourront adopter. (Délibération prise à cause de grandes maladies dont plusieurs personnes sont mortes et qui pourroient croître de jour en jour) ».

3 octobre 1611 - « Confirmation de la délibération précédente, et défense aux sieurs de Foix et de Lanne, qui faisoient travailler des Morisques en leurs héritaignes, de conserber ces Morisques, à peine de cent livres ».

14 octobre 1611 - « Itératif commandement à de Foix, de Lanne et Curutchette, de renvoyer leurs Morisques. Il sera fait commandement aux Morisques de vuider la ville et la juridiction dans trois jours, sous peine de la vie, et défense aux habitants d’en retirer aucuns, ainsi de renvoyer ceux qu’ils ont ».

23 décembre 1611 - « Sur la remonstrance du sieur de Sossiondo qu’il y avoit un morisque très expert en l’estat de mareschal, et qu’il falloit tacher de l’evoir en ville, fut délibéré que le dit Morisque seroit appelé pour venir résider en ville avec sa famille, sans plus ».

25 mai 1612 - « Le sieur d’Etchegaray remonstra que cintre les inhibitions cy-devant faictes, publiées et affichées aux portes, les Morisques entrent en la ville en grande abondance, mesmement en temps extrêmement chaud, accablés de pauvreté et misère, et à ceste occasion il est à craindre qu’ils n’engendrent quelque infection en la ville...fut ordonné que les inhibitions seront derechef publiées et affichées, et fut fait commandement à tous les soldats du guet de chasser les Morisques hors la ville ».

25 juin 1612 - « Deux échevins et deux jurats commis pour faire vuider les Morisques de la ville, et comdamner les cappitaines des portes aux amendes portées par l’ordre publié qu’ilz ne lerront (laisseront) entre les Morisques ».

18 janvier 1613 - « Délibéré que les Portugais (les Juifs) et Morisques paieront le droit de billette pour les bledz qu’ils tireront de ceste ville et feront transporter vers Labourd ou ailleurs ».

6 mai 1613 - « Sur la remonstrance du sieur de Lalande, eschevin, délibéré que les Morisques vuideront hors de St-Esprit (faubourg de Bayonne) et St-Etienne (banlieue de St-Esprit), et en sera publié ordre tant és ditz lieu qu’en la ville ».

10 juin 1613 - « Ordre aux Morisques de vuider St-Etienne, St-Esprit et Bayonne ».

8 juillet 1613 - « Echevin et jurat commis pour prier M. de Sensac de interdire et deffendre l’entrée des Morisques au passage et frontière, pour éviter qu’ils ne nous rapportent de la maladie causant leur pauvreté et ruine ».

2 septembre 1613 - « Délibéré publication à St-Esprit, St-Etienne et Bayonne, par laquelle sera enjoint à tous les Morisques de vuider les lieux par tout le jour et de n’y retourner plus, et sera escript aux jurats des paroisses circonvoisines de ladite ville de chasser hors icelles lesditz Morisques ».

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fin des annexes 

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